11.28.09
Fever Ray, un glacier cauchemardesque
Les mots manquent à l’appel face à cette étrange réalisation. Que se passe t-il donc dans la tête de la Suédoise Karin Dreijer Andersson (The Knife) pour nous assourdir d’aussi ténébreuses compositions ?
Et pourtant, l’envoûtement est total, la drogue vous prend par les oreilles et vous entraîne dans d’incroyables hallucinations auditives. Fever Ray évoque d’anciens comptes africains, des sonorités noires, des effluves d’une Asie ancienne et disparue. C’est un mélange troublant, une alchimie de cendres qui a l’odeur du givre, des nuits terrifiantes. Dieu, qu’il fait froid, quand est-ce que la pluie s’arrêtera ? Les frissons perdurent, les ténèbres vous enveloppent et vous restez scotchés face à cette musique inqualifiable tant elle trouble par son caractère tribal, son animosité, ses cérémonies mortuaires, ses évocations cauchemardesques.
Il est vrai, qu’à la première écoute, non-attentive, Fever Ray a de quoi laisser perplexe mais laissez vous conquérir par 50 minutes d’hypnose et découvrez un des meilleurs albums de cette année 2009.
Un clip tout aussi étrange et envoûtant.
11.18.09
“Megafaun – Gather, Form & Fly” : Tombe la pluie, tombe.
Le groupe Megafaun a bien plus que son nom d’original : sa musique est tout autant fantaisiste. Imaginez donc, 3 hommes bien portants et bien poilus tout droit venus de la Caroline du Nord. Imaginez-les ensuite montant un groupe de folk dans la pure tradition américaine. Le cliché est parfait.
Mais bien au-delà, on remarque que dans l’album de ces trois zigotos (Gather, Form & Fly), l’ambiance est bien plus originale. Passant de la country la plus fondamentaliste à l’expérimental atmosphérique sans peine, le trio surprend par cette ligne de fond étonannte qui traverse tout l’album et qui nous traverse de fond en comble. On succombe. Megafaun parvient à nous faire voyager dans des univers imprévisibles, faisant tomber la pluie après une danse que nous pouvons presque percevoir, appelant les ancêtres d’une forêt hantée, faisant crisser des cordes magiques. L’atmosphère de Gather Form & Fly touche à l’essentiel : l’aventure et l’évasion.
11.15.09
The xx : l’hypnotique jeunesse londonienne

D’une incroyable lenteur ce petit ovni, d’un tempo torturé, d’une musicalité des plus minimalistes et pourtant des plus hypnotiques, c’est ce que nous ramène d’une autre planète le groupe « The xx », quatuor de jeunots londonien d’une vingtaine d’années. On les imagine dans la tendance, dans la « vibe » comme qui dirait. Mais en fait, ce qu’ils font n’a rien à voir avec ce qu’on a déjà pu entendre. Non, non, pas d’influences mgmtienne, même pas. On appelle ça de la « pop atmosphérique » mais entre nous, on peut l’avouer, ça ne veut rien dire.
Ce qui est sûr, c’est qu’ils font un carton, que l’on classe déjà leur album (Selftitled) comme un des meilleurs de 2009, et le groupe comme la révélation de l’année (oui là on a le droit de penser à MGMT pour 2008). Ce qui est également sûr c’est que l’on n’a pas fini de se faire hypnotiser par cette bande-son étrange et surprenante.
11.07.09
Le temps d’une chanson (nous nous aimions)
Le temps passe, c’est un fait. Vite, c’est une réalité. Et le temps d’écrire a manqué mais le reste a continué. Pensez bien, je n’ai pas fait cinq mois sans écrire, je n’ai même pas hiberné contrairement à certaines idées qui ont circulé. Pensez bien aussi que si j’écris maintenant c’est que j’ai quelque chose à dire et que je ne vais pas continuer à vous parler de ce que j’aurais pu faire de tout ce temps. Enfin en quelques sortes si, puisque la rentrée musicale 2009 fut un brin chargée.
Vous vous souvenez l’année passée à peu près à la même époque je vous parlais de neige, de grandes promenades dans les prés (oui bon, j’avais été un peu loin, j’ai légèrement déconné, veuillez m’en excuser), tout ça pour vous faire découvrir l’incroyable album de Noah And The Whale (Peaceful, The World Lays Me Down), un premier opus calibré comme une mouette (ne me demandez pas comment est calibré une mouette… ça doit avoir un rapport avec le fait de voler au bord de la mer). Un album qui est passé en boucle dans mes petites oreilles et qui m’amène à, il y a quelques semaines à peine ou par surprise j’apprenais que le second volet était sorti. Mammamia mais qu’attendais-je donc? « The First Day Of Spring » se présente comme un paroxysme en cet automne un peu maussade. Et c’est là que la magie de Noah And The Whale se marque. On attendait les chœurs envoûtants du premier album, ces morceaux enjoués et magnifiés de la voix montante de Charlie Fink. Les premiers jours du printemps s’annoncent en fait calmes et apaisants, on attend (peut-être un peu désespérément) un départ, quelque chose qui doit arriver, qui doit se passer sans savoir ce que ça pourrait être. Mais en réalité on a déjà passé la moitié de l’album que tout sera resté dans cette ambiance de perce-neige, tranquille et montante. On en vient même à penser que les voix de Laura Marling et Emmy The Great (invitées sur le premier album) manquent à l’appel. Mais ce n’est en fait pas ça puisqu’après le premier instrumental, « Love Of An Orchestra » se déroule comme un intermède exutoire, médiane de deux saisons, la neige ayant fondu et on découvre la subtilité mise dans ce deuxième bijoux, plus en douceur et bien plus instrumental. Un album réalisé au fond d’un canapé, certains diront avec plus de maturité (déjà ?), mais qui a l’effet des premiers jours d’été (où était-ce de printemps ? je suis perdu).
Un peu plus brièvement, Mumford & Sons, nouveau groupe folk londonien, les cousins de Noah & The Whale (on découvre qu’ils sont, en fait, amis), sortent leur premier album en cette même période : « Sigh No More ». On en revient donc à ces chœurs, ces instrumentaux assez féérique, banjo, mandoline et guitare en prime et surtout à la voix sublime de Mumford. Ce n’est pas un hasard s’ils ont aussi collaboré avec Laura Marling. Tout ça dans la plus grande tradition de la folk, légèrement bluegrass, divinement instrumentale, magnifiquement country. Groupe bien plus qu’à suivre puisqu’on les avait déjà découverts grâce à leurs deux EPs qui présumaient bien des choses. Devoir accompli.
Autre nouveauté dans le monde de la folk : Monsters Of Folk. Nouveau Groupe ? Eh bien oui, mais pas vrai
ment inconnu au bataillon lorsqu’on voit qui le compose : Conor Oberst (Bright Eyes), M. Ward, Jim James et Mike Mogis. C’est peu dire sur le talent réuni en ces 4 garçons (« dans le vent » serait trop facile). Et pourtant chacun des protagonistes semble être dilué dans un ensemble plutôt cohérent, on en oublie leur projet solo pour cette petite douceur nostalgique qu’est leur album titré du nom du groupe.
Voilà de quoi achever un automne bien maussade. Peut-être sous la couette ,c’est bien mieux. Mais n’oubliez pas d’aller prendre froid pour avoir l’excuse d’y rester. Je n’oserais vous dire à bientôt.
02.21.09
Alela Diane, l’appel des loups

Voilà trois soirs que c’est le même rituel, je m’enfonce doucement dans une forêt envoutée par des chamans apaches. Trois soirs que cette voix s’élève, comme un rite, mouvante et imprévisible comme la fumée d’un grand feu indien. Trois soirs que le nouvel album d’Alela Diane réveille mes élucubrations romanesques aux couleurs du Grand Ouest.
Ça avait d’abord commencé avec “The Pirate’s Gospel”, un album sorti il y a quelques années maintenant, qui avait déjà su associer une atmosphère toute particulière au nom de la jeune californienne Alela Diane. Un nom qui raisonne maintenant comme le soleil. “To Be Still” confirme actuellement ce talent à mettre en musique des esprits encore inconnus. On peut parler de néo-folk mais au fond, on y trouve beaucoup du passé. Dans la musique et la voix de la chanteuse on trouve des sentiers à travers des forêts denses, on y croise des papillons, des loups et des ours, un chef sioux et sa tribu. On peut se joindre à eux, tout n’est qu’illusion, on peut danser pour faire tomber la pluie, pendant que le soleil couchant lance des pétards oranges et jaunes qui font jolis reflets sur les plaines indiennes, le prélude à une nuit divinement étoilée. Au loin, un appel de loup… Ou serait-ce Alela Diane… tout se mêle. Un monde ancestral et pourtant qui paraît si peu connu, une nouvelle terre vierge, nous sommes revenu au temps des Grandes Découvertes ou alors de La Ruée vers l’Or, parce que de l’or nous en avons trouvé. Dans les rivières ondulantes et mystérieuses de la musique d’Alela Diane.
The Pirate’s Gospel : http://www.musicme.com/Alela-Diane/albums/The-Pirate%27s-Gospel-3298490211618.html
To Be Still : http://www.musicme.com/Alela-Diane/albums/To-Be-Still-3661585045519.html
12.04.08
Musique d’hiver, couette douillette et feu de cheminée.

C’est un fait, l’hiver, il fait froid. On n’a pas toujours envie de sortir de chez soi, et parfois encore moins de sous sa douce et chaude couette. Ces doux matins où vous maudissez ce bon vieux radio réveil qui ne s’arrête jamais de compter le temps. Vous, vous rêvez d’un feu de cheminé, d’un doux crépitement de flammes que vous touchez presque de vos pieds nus (oui, parce que vous avez une grosse moquette dans votre chalet d’hiver). Vous vous imaginez courant dans les plaines vertes, nu comme un ver, chassant les oiseaux qui piaillent dans les arbustes, et vous reposant finalement au dos d’un séquoia rouge pour finir votre sieste à l’hombre d’un grand chapeau mexicain.
Quoi? Je divague? Je tergiverse? Non, non, c’est l’hiver qui fait ça. Le froid, gla-gla. Heureusement, la saison froide n’est pas en reste de découvertes musicales. Et bizarrement, les disques de fin d’années créent des ambiances particulières dans vos petites oreilles. C’est là, la douce loi du temps, celle qui ne vient jamais uniquement accompagnée de malheurs. Alors, jouant les Pères Noël, avant l’heure, je vous offre ces quelques minutes (voire plusieurs heures) d’évasion musicale dans un pays où les loutres conversent avec les marmottes à côté des cascades. Tout ça, dans votre lit.
Fleet Foxes à la première approche, c’est moche. C’est du Bruegel, c’est laid, ça vous rappelle des années d’enfance où vous visitiez les musées d’Anvers accompagné de la vieille prof d’histoire à la voix rauque et au poil sur le nez (avec de la moustache aussi, vous voyez laquelle?). Mais Fleet Foxes, c’est aussi comme la prof d’histoire, quand vous fermez les yeux, c’est cultivé, ça a de l’art dans le ventre et ça fait raisonner des vieux contes de fées et de chevaliers dans votre tête. Fleet Foxes, c’est une musique venue d’un peu nul part qui mélange un art mystérieux de vaudous indiens à des harmonies vocales célestes, c’est un album orchestral aux mélodies somptueuses qui vous donnent envie de vous plonger dans la nuit profonde étoilée et de vous réveiller dans un cocon d’esquimau quelque part en Laponie.
http://www.jiwa.fm/#album/170927
Et comme un bonheur ne vient jamais seul, Noah And The Whale vous offre un album, “Peaceful, The World Lays Me Down“, tout en douceur. Un peu plus du côté de la bonne humeur et d’une soudaine envie de se lever et de crier sa joie. Et oui, il faut de tout pour faire un monde. C’est un peu cette musique qui vous émoustille les babines d’une voix, un peu reculée du micro, pas trop forte, pas trop douce, qui vous donne juste envie de chanter, alors que vous ne connaissez même pas les paroles (première, deuxième et même troisième écoute oblige). L’arrangement musical accompagnant le tout de mélodies guillerettes à vous faire péter des champs de tournesol plein le visage. Des couleurs, des cris, des joies. Youpi, allons courir sous la pluie.
http://www.jiwa.fm/#album/193180
Au final, je me demande si toute cette bonne humeur ambiante n’est pas due au fait de savoir que le 24 février, je serai au Cirque Royal, recevant une claque folk de la voix rauque et délicieuse de Ray LaMontagne. Douce perspective.
Bon hiver, ne prenez pas froid, dormez encore un peu. Sous la couette on est mieux, avec de la bonne musique on peut presque toucher les comètes des aurores australes de Laponie. En fin de compte, je crois que j’aime bien l’hiver. Gla-gla.
11.15.08
Folk & Soul, baby!
J’ai tout compris. Je sais pourquoi ce monde ne tourne pas rond… Pourquoi tant de haine, de misère, de bassesse, … Ray LaMontagne! Non, non, Ray LaMontagne n’est pas la cause de tout ça! Mais c’est le remède. Si la planète était branchée sur la musique de Ray LaMontagne, alors j’en suis sûr, tout tournerait plus rond!
Pourquoi donc Ray Lamontagne ne parvient pas à gagner notre vieux continent? C’est un des mystères de la vie. Il suffit pourtant d’une seule et première écoute pour tomber sous le charme d’une voix rocailleuse et sensuelle à la fois. C’est ce qui touche à l’essentiel, du pur, du folk, 100% naturel, origine contrôlée. Derrière sa barbe de 2 mois, sortant peut-être d’une cabane du Canada, perdue en pleine forêt, quand cet homme aux allures de bûcheron se met à faire de la musique, c’est toute la sensibilité qui remonte à la surface.
Il signe aujourd’hui son troisième album, Gossip in The Grain, aux allures plus cuivrées, au charme inégalé. On voudrait que jamais il ne se termine. Ça a le goût d’un voyage emmitouflé dans sa couette, on atteint les sommets de l’aphrodisiaque (sans faire de mauvais jeu de mot sur son nom). On ne peut que lui souhaiter la continuité… et une statue avec le prix Nobel de la paix (si, si!).
www.raylamontagne.com
www.myspace.com/raylamontagne
05.28.08
Chronique de Balkanvision
Mais qu’arrive t-il donc à l’Eurovision? Alors qu’il y a deux ans, Lordi gagnait le concours européen de la chanson pour la Finlande, on croyait une nouvelle porte ouverte à la créativité, la nouveauté et le second degré. Lordi, … vous vous souvenez? Ce sont ces gros barbares déguisés chantant en feu et flammes “Hardrock Hallelujah!” De même, Urban Trad avait frôlé l’exploit pour la Belgique en 2003 avec un style plus qu’original et intéressant. Alors, je vous le demande, qu’est-il arrivé à l’Eurovision? Flashback?
Bien avant les aventures des barbares finnois, il faut se rappeler que l’Eurovision n’a pas toujours était aussi dévergondé. Le royaume du kitsch et du grotesque avait traversé les générations. On ne compte plus les groupes niais et les chansons “old-fashioned”.![]()
Oui vous ne rêvez pas, c’est ce qu’on a (re)vu cette année; La Russie l’emporte avec un chanteur plus “boysband” que les Boysband eux-mêmes et une chanson plus gay que celles d’O-zone. Et pour couronner le tout, Evgeni Plushenko, champion olympique de patinage artistique, tournant et sautillant joyeusement autour de notre “Queer” russe.
Ensuite? La Grèce, mélange de Britney Spears de seconde main et de Beyoncé sans les formes, avec pour guise de vêtement (déguisement?), seize centimètre carrés de tissu et pour parade, quatre armoires à glace pour la soulever par les fesses.
Et pourtant d’autres pays ont tenté la créativité et la nouveauté, croyant la page du kitsch et des paillettes tournée. Bien sûr, le niveau reste peu élevé, n’oubliez pas que c’est de l’Eurovision dont on parle! Mais la France a osé Sébastien Tellier, sorte de chanteur fou venu d’une planète inconnue, privilégiant le second degré. Résultat? 19ème place. Déjà les médias et le public français avaient dénigré l’artiste, sûrement pas assez “typé” pour l’émission. Sans doutes. Du même côté de la barrière on avait un guitariste espagnol un peu dingue, des pirates arméniens et un tango bien dosé pour les croates. À nouveau, nada, nothing, rien, dans le classement final.
D’ailleurs, intéressons nous un peu à ces résultats, même s’ils n’en valent pas vraiment la peine. Russie, Ukraine, Serbie,… Très “est” tout ça… On savait les votes très politisés et diplomates mais depuis la fin de l’URSS et du bloc Yougoslave, l’influence du bloc de l’Est semble encore laisser des traces. Échanges de points et de sourires entre “speakers”, des “bonjours public européen” et “merci pour cette superbe soirée” en veux-tu, en voilà! Mais derrière ces votes, quels arrangements? Quelle influence diplomatique? Les questions sont lancées…
Le système de vote pourrait être à revoir; mais serait-ce beaucoup mieux avec un jury? Enfin bref, cessons de nous tracasser, après tout ce n’est pas comme si on parlait d’une émission de qualité et d’un évènement important. Rendez-vous donc, l’année prochaine à Moscou! Et Hardrock Hallelujah!

03.08.08
Jeff Buckley – Hallelujah
Well I heard there was a secret chord
that David played and it pleased the Lord
But you don’t really care for music, do ya?
Well it goes like this:
The fourth, the fifth, the minor fall and the major lift
The baffled king composing Hallelujah
Hallelujah Hallelujah Hallelujah Hallelujah…
Well your faith was strong but you needed proof
You saw her bathing on the roof
Her beauty and the moonlight overthrew ya
And she tied you to her kitchen chair
She broke your throne and she cut your hair
And from your lips she drew the Hallelujah
Hallelujah Hallelujah Hallelujah Hallelujah…
(Yeah but) Baby I’ve been here before
I’ve seen this room and I’ve walked this floor, (You know)
I used to live alone before I knew ya
And I’ve seen your flag on the marble arch
and love is not a victory march
It’s a cold and it’s a broken Hallelujah
Hallelujah Hallelujah Hallelujah Hallelujah…
Well there was a time when you let me know
What’s really going on below
But now you never show that to me do ya
But remember when I moved in you
And the holy dove was moving too
And every breath we drew was Hallelujah
Hallelujah Hallelujah Hallelujah
Hallelujah…
Maybe there’s a God above
But all I’ve ever learned from love
Was how to shoot somebody who outdrew ya
And it’s not a cry that you hear at night
It’s not somebody who’s seen the light
It’s a cold and it’s a broken Hallelujah
Hallelujah Hallelujah Hallelujah Hallelu…
Hallelujah Hallelujah Hallelujah Hallelu…
Hallelujah Hallelujah Hallelujah
02.24.08
Cocoon, papillon de douceur.
Le duo français pop folk adulé par la critique, sort son album « My Friends all died in a plane crash » le 29 octobre 2007.
Les deux français, Mark Daumail et Morgane Imbeaud, ont fait du chemin depuis les « Eurockéennes » de Belfort, leur album tant attendu est un bijou de tendresse.
Cocoon, rien que par son nom définit un monde musical à part, un monde où « douceur » rime avec « féerie ». “My Friends all died in a plane crash” est un album entièrement anglophone et multi instrumentaliste, dans la lignée de groupes tels que The Do ou Girls In Hawaii. Entre guitare, ukulélé, piano et deux voix suaves, les mélodies entraînantes dévoilent un univers très personnel, orignal et envoûtant.
Né dans un cocon.
Cocoon, doit son succès à la rencontre de deux talents indéniables, Mark Daumail (instruments à cordes, chant) et Morgane Imbeaud (claviers, chant). Découvert au festival évènement des Eurockéennes, et ensuite repéré par le magazine Inrockuptibles, le groupe gagne en popularité. Mais contrairement aux apparences, le duo français n’en est pas à son premier coup d’essai. Deux minis albums ont déjà été produits dans le passé. Certains titres de leur dernier album sont tirés directement de From Panda Mountains, paru en avril 2007.
La route du succès.
2008 sera sans nul doute, l’année du succès pour Cocoon, qui commence d’ores et déjà sa tournée dans toute la France. En Belgique on les retrouvera à l’Ancienne Belgique, le 17 mars pour un concert déjà « sold out », et le 10 mai aux Nuits botaniques. On pourra aussi apprécier leur performance prochainement sur les petits écrans dans l’émission Taratata. Le succès est sans conteste mérité, “My Friends all died in a plane crash” est un pur bonheur de tendresse, une vraie praline de chocolat fondant, un instant de magie et de douceur.

02.10.08
Hollywood Porn Stars / D’hiver Rock 2008
Sortez les amplis, l’hiver s’achève et comme chaque année depuis un petit bout de temps, Tournai accueille le D’hiver Rock. Ce “festival” réputé pour mettre en scène des groupes expérimentés et débutants, réputé aussi pour faire découvrir de nombreux talents. Cette année côté expérimenté on avait surtout Mr Roux et Les Blérots de Ravel pour le vendr
edi et Poulycroc et Hollywood Porn Stars pour le samedi. Et c’est ces derniers qui ont influencé mon choix de venir le samedi! Et oui, pour la 3ème fois HPS débarque sur la scène de la Maison de La Culture. Cette fois, ils arrivent avec leur nouvel album “Satellites”, tout beau, tout frais. Ce groupe liégeois a d’ailleurs pris le devant de la scène depuis leur première à Tournai où ils étaient aux côté de Ghinzu et d’Austin Lace, c’était l’année du grand cru. Et HPS n’a pas déçu, attendu par la foule, pour 40 minutes de concert, pas une de plus. Ils n’ont donc eut le choix de déballer tout l’attirail de chansons que le public attend, Money, I Want You, Andy, Dance Rocket, variant entre premier et second album pour le plaisir des oreilles, et des yeux…

Mais D’hiver Rock, c’est aussi la découverte, que ce soit des groupes de la région ou étrangers. Attagirl a d’ailleurs su s’imposer comme le groupe tournaisien à l’affiche malgré la dur tâche de lancer le programme 15h15. Autre bonne découverte, le groupe The Diplomat qui a su enflammer la foule grâce un son très pop rock, très frais et très énergique.
Mais cette année, les D’hiver Rock ont pris le choix d’inviter un grand nombre de groupes ce qui a étalé la programmation de 15h à 2h. De plus, on remarque de forte tendance electro-rock et punk rock parmi les groupes présents ce samedi. Alors que les années nous avaient habitués à du rock pur belge (Ghinzu, Austin Lace, HPS, Malibu Stacy, My Little Cheap Dictaphone, The Tellers,…), c’est ce qui avait permis d’assurer au “mini festival” un public d’inconditionnels. Cette année, on remarqué une moyenne d’âge très basse parmi les spectateurs, parfois trop jeunes. Et enfin, on a pu remarquer de très GROS problèmes de son pour pas mal de concert, les sons stridents et criards pour l’électro-rock, ça fait très mal.
Bref, malgré un HPS plus que déchaîné et plus que performant avec un superbe dernier album très affranchi de leurs premières année, un son très libéré, pur rock belge, on a assisté à un mauvais cru des D’hiver Rock. Programmation et son à revoir pour m’y retrouver l’année prochaine!

02.25.09
Ray LaMontagne (et Priscilla Ahn) envoûte(nt) le Cirque Royal (24.02.09)
Publié dans Musique tagged 24/02/09, Cirque Royal, commentaires, concert, critiques, folk, impressions, Priscilla Ahn, ray lamontagne à 12:47 par chucky333
C’est donc une jeune fille qui débarque seule avec sa guitare et son harmonica pour introduire ce qui semble être impossible à introduire. Pour faire face à un public tout conquis au soul et au folk rude et ténébreux de Ray LaMontagne. Une jeune fille pétillante, sa voix s’élève peu à peu et créé le silence. Le respect. Ce petit bout de femme pousse sa voix d’une légèreté étonnante, gratouille et sifflote. Pimentant le tout d’anecdotes à l’origine des ses agréables et très minimalistes chansons. De temps en temps sa voix va encore plus loin, plus haut, laisse derrière elle une marque presque visible, que l’on pourrait presque palper. Et on voudrait déjà que le temps s’arrête, ou plutôt qu’il continue encore et encore. Priscilla Ahn nous emmène sur une rivière de très faible remous, où l’on pirogue doucement sous un ciel bleu azur qui crachote de temps en temps une fine pluie réconfortante. Bien sûr, le public adhère. Mais il n’oublie pas ce qui l’attend.
On a beau connaître, avoir écouté des dizaines de fois ses trois albums. On le sait. On le sait que Ray LaMontagne a des anges dans la voix, qu’il nourrit des créatures féériques et ténébreuses dans le fond de ses entrailles. On a beau le savoir, quand les musiciens entament un très révolté « Henry Nearly Kill Me (It’s a Shame) », on a déjà des papillons dans le ventre. Après quelques secondes d’intro, la lumière se fait sur le charismatique, l’ange déchu, le barbu habillé 100% casual, folk. La gueule de l’emploi. Il prononce les première paroles… et là ce n’est plus quelques frissons qui vous parcourent l’échine, ce sont des sensations encore inconnues qui vous prennent de vous ne savez où, d’un peu partout sûrement. Quelque chose se déchire au fond de votre cœur. Alors on avait beau le savoir, ça on ne pouvait pas le prédire. Ray LaMontagne enchaine et jongle entre ses albums, entonne le très attendu et apprécié « Empty ». Oubliant les cuivres de son dernier album pour les riffs d’une guitare électrique, une basse, et quelques accompagnements variables. Peut-être un peu trop… on le préfère au naturel. Seul point négatif. Puis il se retrouve seul, sa guitare et sa voix.
Même si on ne peut pas dire que sa voix le laisse seul. Et c’est là que Ray LaMontagne explose dans toute sa splendeur, sa simplicité, son style. On le retrouve au naturel pour deux ou trois chansons dont « Jolene » qui laisse sans voix, la nôtre car la sienne tient les paroles jusqu’aux derniers souffles, nous tient en haleine. On n’a toujours pas compris comment une telle chose était possible. Il y a un paquebot qui s’élève dans son ventre et traverse sa gorge. Un paquebot, c’est gros mais celui-ci est beau, il ne respire pas le goudron, uniquement la mer, le voyage. Ray LaMontagne varie entre les folks adoucis et de temps en temps quelques morceaux plus électriques et complètement virevoltants tel le très adulé par le public « You’re The Best Thing », premier titre de son nouvel album ou encore « Hey Me, Hey Mamma ». Lorsqu’il s’en va, le public reste sans voix, ne sait que dire, alors se lève et applaudit, sans jamais relâcher pendant des minutes entières. Il n’attend qu’une chose, qu’il revienne. Il reviendra pour encore trois morceaux, dont le final en duo avec Priscilla Ahn. Deux mondes se rencontrent comme deux mers, de face. BOUM. On chavire. On a envie de dire la belle et la bête mais il est beau notre Ray. Les deux voix s’entendent à merveille, c’est une alchimie qui se fait et qui achève deux heures et demie de concert, première partie comprise. Le public est conquis, standing innovation. Ray LaMontagne qui s’est fait moins bavard que Priscilla Ahn, se perd dans sa timidité débordante, perd une dizaine de « thank you » dans sa barbe.
On court à la boutique, mettre du matériel sur ce qui a semblé être un moment hors du temps et de l’espace. Au dessus
du monde, on a survolé des endroits inconnus, on a volé loin très loin dans des contrées imaginaires. Nagé aussi sûrement. On ressort conquis, une voix grave qui résonne dans la tête que l’on accompagne en entonnant quelques restes. On rentre chez soi on se repasse les morceaux et j’écris. J’écris ce qui semble être impossible à écrire. Décris ce qui n’est pas descriptible. Je fais de mon mieux.
Bonus :
Priscilla Ahn – The Boob Song (avec l’anecdote de la chanson)
Ray LaMontagne – Shelter
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