11.28.09
Fever Ray, un glacier cauchemardesque
Les mots manquent à l’appel face à cette étrange réalisation. Que se passe t-il donc dans la tête de la Suédoise Karin Dreijer Andersson (The Knife) pour nous assourdir d’aussi ténébreuses compositions ?
Et pourtant, l’envoûtement est total, la drogue vous prend par les oreilles et vous entraîne dans d’incroyables hallucinations auditives. Fever Ray évoque d’anciens comptes africains, des sonorités noires, des effluves d’une Asie ancienne et disparue. C’est un mélange troublant, une alchimie de cendres qui a l’odeur du givre, des nuits terrifiantes. Dieu, qu’il fait froid, quand est-ce que la pluie s’arrêtera ? Les frissons perdurent, les ténèbres vous enveloppent et vous restez scotchés face à cette musique inqualifiable tant elle trouble par son caractère tribal, son animosité, ses cérémonies mortuaires, ses évocations cauchemardesques.
Il est vrai, qu’à la première écoute, non-attentive, Fever Ray a de quoi laisser perplexe mais laissez vous conquérir par 50 minutes d’hypnose et découvrez un des meilleurs albums de cette année 2009.
Un clip tout aussi étrange et envoûtant.
11.18.09
“Megafaun – Gather, Form & Fly” : Tombe la pluie, tombe.
Le groupe Megafaun a bien plus que son nom d’original : sa musique est tout autant fantaisiste. Imaginez donc, 3 hommes bien portants et bien poilus tout droit venus de la Caroline du Nord. Imaginez-les ensuite montant un groupe de folk dans la pure tradition américaine. Le cliché est parfait.
Mais bien au-delà, on remarque que dans l’album de ces trois zigotos (Gather, Form & Fly), l’ambiance est bien plus originale. Passant de la country la plus fondamentaliste à l’expérimental atmosphérique sans peine, le trio surprend par cette ligne de fond étonannte qui traverse tout l’album et qui nous traverse de fond en comble. On succombe. Megafaun parvient à nous faire voyager dans des univers imprévisibles, faisant tomber la pluie après une danse que nous pouvons presque percevoir, appelant les ancêtres d’une forêt hantée, faisant crisser des cordes magiques. L’atmosphère de Gather Form & Fly touche à l’essentiel : l’aventure et l’évasion.
11.15.09
The xx : l’hypnotique jeunesse londonienne

D’une incroyable lenteur ce petit ovni, d’un tempo torturé, d’une musicalité des plus minimalistes et pourtant des plus hypnotiques, c’est ce que nous ramène d’une autre planète le groupe « The xx », quatuor de jeunots londonien d’une vingtaine d’années. On les imagine dans la tendance, dans la « vibe » comme qui dirait. Mais en fait, ce qu’ils font n’a rien à voir avec ce qu’on a déjà pu entendre. Non, non, pas d’influences mgmtienne, même pas. On appelle ça de la « pop atmosphérique » mais entre nous, on peut l’avouer, ça ne veut rien dire.
Ce qui est sûr, c’est qu’ils font un carton, que l’on classe déjà leur album (Selftitled) comme un des meilleurs de 2009, et le groupe comme la révélation de l’année (oui là on a le droit de penser à MGMT pour 2008). Ce qui est également sûr c’est que l’on n’a pas fini de se faire hypnotiser par cette bande-son étrange et surprenante.
11.07.09
Chronique des solutions controversées

Des idées pour la Belgique ? Des décrets inscriptions. Des débats communautaires. Des plans de relance. Des projets Marshaux (Un Marshall, des Marshaux ?) 2.0.3.4 (dernière version mise à jour). Des colloques BHV. Des ministres-députés-salariés. Des budgets restreints (ou d’austérité au choix). Des idées pour la Belgique ?
Des vaccins contre la grippe A, pardi !
Contre la peur oppressante, contre ce fléau, contre la maladie mortelle, sauvez-nous ô mère, ô Patrie ! Car il est vrai, la grippe A tue. Moins que la grippe mais bon, chut, secret d’Etat. D’ailleurs, en allant faire un tour du côté des médecins on remarque que la grippe A est maintenant soumis au même traitement que la grippe normale (oserai-je dire). Mais les médias ont eu cher de notre peau. Voilà des mois, qu’il ne se passe pas un jour sans qu’on en parle à la télé, dans la presse, à la radio, sur internet. Le compteur à morts tourne, un peu au ralenti il faut avouer. Mais pour pallier à ce faible avancement, on s’amuse à faire dans le plus glauque : le premier mort qui était en très bonne santé, le premier vieux, le premier bébé, le premier sportif, la première mère de famille exemplaire. Il faut toujours un premier et pour la grippe A, ils nous en faut plusieurs. Ils deviendront pour nous les statues représentatives du risque. Ils deviendront pour eux la source de beaucoup d’argent.
Le temps d’une chanson (nous nous aimions)
Le temps passe, c’est un fait. Vite, c’est une réalité. Et le temps d’écrire a manqué mais le reste a continué. Pensez bien, je n’ai pas fait cinq mois sans écrire, je n’ai même pas hiberné contrairement à certaines idées qui ont circulé. Pensez bien aussi que si j’écris maintenant c’est que j’ai quelque chose à dire et que je ne vais pas continuer à vous parler de ce que j’aurais pu faire de tout ce temps. Enfin en quelques sortes si, puisque la rentrée musicale 2009 fut un brin chargée.
Vous vous souvenez l’année passée à peu près à la même époque je vous parlais de neige, de grandes promenades dans les prés (oui bon, j’avais été un peu loin, j’ai légèrement déconné, veuillez m’en excuser), tout ça pour vous faire découvrir l’incroyable album de Noah And The Whale (Peaceful, The World Lays Me Down), un premier opus calibré comme une mouette (ne me demandez pas comment est calibré une mouette… ça doit avoir un rapport avec le fait de voler au bord de la mer). Un album qui est passé en boucle dans mes petites oreilles et qui m’amène à, il y a quelques semaines à peine ou par surprise j’apprenais que le second volet était sorti. Mammamia mais qu’attendais-je donc? « The First Day Of Spring » se présente comme un paroxysme en cet automne un peu maussade. Et c’est là que la magie de Noah And The Whale se marque. On attendait les chœurs envoûtants du premier album, ces morceaux enjoués et magnifiés de la voix montante de Charlie Fink. Les premiers jours du printemps s’annoncent en fait calmes et apaisants, on attend (peut-être un peu désespérément) un départ, quelque chose qui doit arriver, qui doit se passer sans savoir ce que ça pourrait être. Mais en réalité on a déjà passé la moitié de l’album que tout sera resté dans cette ambiance de perce-neige, tranquille et montante. On en vient même à penser que les voix de Laura Marling et Emmy The Great (invitées sur le premier album) manquent à l’appel. Mais ce n’est en fait pas ça puisqu’après le premier instrumental, « Love Of An Orchestra » se déroule comme un intermède exutoire, médiane de deux saisons, la neige ayant fondu et on découvre la subtilité mise dans ce deuxième bijoux, plus en douceur et bien plus instrumental. Un album réalisé au fond d’un canapé, certains diront avec plus de maturité (déjà ?), mais qui a l’effet des premiers jours d’été (où était-ce de printemps ? je suis perdu).
Un peu plus brièvement, Mumford & Sons, nouveau groupe folk londonien, les cousins de Noah & The Whale (on découvre qu’ils sont, en fait, amis), sortent leur premier album en cette même période : « Sigh No More ». On en revient donc à ces chœurs, ces instrumentaux assez féérique, banjo, mandoline et guitare en prime et surtout à la voix sublime de Mumford. Ce n’est pas un hasard s’ils ont aussi collaboré avec Laura Marling. Tout ça dans la plus grande tradition de la folk, légèrement bluegrass, divinement instrumentale, magnifiquement country. Groupe bien plus qu’à suivre puisqu’on les avait déjà découverts grâce à leurs deux EPs qui présumaient bien des choses. Devoir accompli.
Autre nouveauté dans le monde de la folk : Monsters Of Folk. Nouveau Groupe ? Eh bien oui, mais pas vrai
ment inconnu au bataillon lorsqu’on voit qui le compose : Conor Oberst (Bright Eyes), M. Ward, Jim James et Mike Mogis. C’est peu dire sur le talent réuni en ces 4 garçons (« dans le vent » serait trop facile). Et pourtant chacun des protagonistes semble être dilué dans un ensemble plutôt cohérent, on en oublie leur projet solo pour cette petite douceur nostalgique qu’est leur album titré du nom du groupe.
Voilà de quoi achever un automne bien maussade. Peut-être sous la couette ,c’est bien mieux. Mais n’oubliez pas d’aller prendre froid pour avoir l’excuse d’y rester. Je n’oserais vous dire à bientôt.
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