02.12.09

Waltz With Bashir, l’éblouissement d’un devoir de mémoire

Publié dans Cinéma à 1:25 par chucky333

Parce que les évènements d’aujourd’hui ont toujours lieu dans un rapport très étroit avec le passé, Ari Folman a voulu laisser une trace du sien. Dans un récit autobiographique, le réalisateur nous entraîne dans la guerre du Liban, ou plutôt pas tout de suite. Jouant subtilement sur la perte de mémoire d’évènements troublants, ce sera là le point d’ancrage du film d’animation Waltz With Bashir.

C’est avant tout un devoir de mémoire qui s’affirme au travers de dessins magnifiques. Troublants et magnifiques, contradictoires de l’horreur qu’ils peuvent dessiner. Car au travers de témoignages, le passé ressurgit et se fait féroce. Le passé a la gueule d’un chien qui a la rage, il bave, a les yeux jaunes, surtout il mord. Il se transforme dans la tête des protagonistes parfois en un bien étrange rêve qui créer un euphémisme de la réalité des faits, et on parle ici des massacres qui eurent lieu dans un camp de palestiniens.

La vraie force de Waltz With Bashir reste tout de même dans ces somptueux dessins qui veulent décrire une réalité qui nous dépasse. C’est là la puissance de l’animation, d’un certain symbolisme. Une pure esthétique qui en devient presque malsaine par ce qu’elle transmet comme message. Au final, ce sont des images, filmées cette fois et véritables archives de l’époque, qui nous éclatent au visage comme pour nous achever d’un devoir d’enquête, d’une vérité qui prend maintenant sa véritable forme.

Le thème central de Waltz With Bashir restera la mémoire, celle qu’on perd, que l’on retrouve, que l’on a voulu oubliée, que l’on écrit. Celle qui maintenant se transmet, éclate en morceaux, celle qui inscrit définitivement ce film d’animation comme un véritable devoir de mémoire et une petite pépite du 7ème art.

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