08.26.08
Chronique d’un bilan belge : Quand la politique s’en mêle.

Voilà donc les Jeux Olympiques 2008 de Pékin qui s’achèvent. Ces fameux J.O. qui n’ont pas encore fini de faire couler l’encre (et qui n’ont pas réussi à faire cesser de couler le sang). Alors qu’on nous bassinait il y a des mois que la plus grande des fêtes sportives se devait d’être “apolitique”, voilà que le gouvernement belge doit s’en mêler. Et bien oui, il faut dresser le bilan. Non content de ne pas savoir dresser un agenda politique, de tenir un débat propre et serein, le gouvernement belge doit commenter les résultats sportifs.
Bert Anciaux, ministre des sports de la région flamande (faut-il le préciser?) se dit déçu, et on peut le comprendre, de nos piètres résultats. Pour son homologue wallon, l’inégalé Michel Daerden le bilan est satisfaisant. Mais on peut se demander s’il parle des résultats belges ou de son voyage à Pékin? Des médailles ou des bistrots?
Certes, ne crachons pas sur les performances belges qui sont tout de mêmes plus qu’honorables. Là où ça coince c’est quand les politicards viennent se mêler à la fête rajoutant un peu plus de piment à l’effervescence patriotique que l’on avait plus connu depuis quelques coupes du monde.
Alors forcément ce bilan mitigé donne des idées. Des bonnes parfois, telles que le refinancement du sport ou l’investissement dans des centres ou stades couverts (aucun de ce type n’existe en Wallonie). Mais des mauvaises surtout. La bêtise de ce mois nous vient de la Communauté française. Celle-ci veut nous remplacer les cours de religion, morale mais surtout philosophie par des cours de sports. Certes l’idée en réjouirait plus d’un, -et je parle là des nombreux étudiants qui butent sur cette matière parfois trop abstraite. Mais n’oubliant pas que la Belgique est déjà le seul pays européen où le cours de philosophie n’est pas obligatoire en secondaire. Matière que l’on retrouve pourtant dans presque toutes les études universitaires. Matière qui permet sans conteste d’apporter une réflexion aux étudiants, une ouverture d’esprit. Matière qui s’ouvre sur toutes les autres: mathématique, psychologie, art, politique, … Que dire alors des cours de religion et de morale qui restent les derniers cours “ouverts” du cursus universitaire. Ouverts au dialogue et au jugement. Après la foi, la morale serait-elle en voie d’extinction? Un début à la fin de l’humanisme.
Pour notre cher Communauté, ces matières sont de l’ordre du privé et doivent s’apprendre en dehors de l’école. Ahurissant quand on sait qu’il parle du sport pour les remplacer. Le sport, activité parascolaire par excellence que l’on devrait plutôt privilégier par une aide financière auprès des familles pour que leurs enfant puissent se défouler… en continuant de penser.
Et si demain c’étaient les sportifs qui jugeaient les politiciens? Pas sûr que le bilan serait meilleur que celui de notre cher Bert.
Illustration : Kroll (Le Soir du 26/08/08)
Quevedo a dit,
septembre 4, 2008 à 3:58
l’on devrait plutôt privilégié ==> Une petite coquille s’est glissée dans ce bon article.