05.05.08
Chronique du point-virgule
Bâtard de la langue française, le point-virgule a toujours tangué entre arrêt et suspension, aujourd’hui on opte plutôt pour son arrêt. Jugé inutile et peu employé, il marquerait ainsi sont arrêt de mort.
On pourrait remplir cette chronique et tous les éditos de la presse francophone de point-virgules, pour montrer qu’il est encore bien là, que au font on l’aime bien nous, le point-virgule. On pourrait ressortir les grands poètes, les grands philosophes, pour montrer que le point-virgule a connu son heure de gloire, a conquis des cœurs, a su enflammé des phrases. Mais ça serait tout de même un peu hypocrite.
Alors on retourne dans ses manuels de grammaire, dans son Grevisse, pour voir au fond, à quoi il sert cet incompris? “Le point-virgule marque une pause de moyenne durée. il s’emploie pour séparer, dans une phrase, les parties dont une au moins est déjà subdivisée par la virgule, ou encore pour séparer des propositions de même nature qui ont une certaine étendue.” Tout ça expliqué, sans point-virgule. Par contre, on a droit à un peu de Proust: “(…) je sens tressaillir en moi quelque chose qui se déplace, voudrait s’élever, quelque chose qu’on aurait désancré, à une grande profondeur; je ne sais ce que c’est, mais cela monte lentement; j’éprouve la résistance et j’entends la rumeur des distances traversées.”
Quel paradoxe, en venir à juger si oui ou non quelque chose d’existant est utile. Comme si le monde n’était pas rempli de choses inutiles que l’on garde tout de même.
Le temps d’un arrêt, le temps d’une pause, un point-virgule s’impose; sans trop savoir pourquoi… Saluant la foule et les artistes d’un dernier sourire:
Caelu a dit,
mai 20, 2008 à 2:01
Et bien moi je l’aime bien le point virgule.
Et je ne le trouve pas du tout inutile, il marque une nuance entre la virgule et les deux points ; pour préciser quelque chose sans interrompre la phrase. (Comme ci dessus.)
Si on le juge inutile c’est peut être parce que, tristement, les gens ont de moins en moins d’interêt pour la finesse d’une langue. Et préfèrent la simplification, la banalisation, pour une communication visant plus large.
Mais c’est en perdant ce genre de petites nuance que l’ont perd la subtilité d’une phrase, d’un langue.
Triste.
Caelu a dit,
mai 20, 2008 à 2:02
Il est tard et je double poste pour dire à quel point j’ai honte des fautes que j’ai fait au précédent commentaire.
Merci de votre compréhension.
Dautinger a dit,
mai 20, 2008 à 6:30
Je l’utilise parfois mais on m’a souvent reproche de le faire (maudits profs), mais il est tres utile quand on veut exprimer deux idees sans liens directs dans une meme phrase non?
“J’adore les papayes; je fais des superbes tartes avec.” non?
Ogre a dit,
juin 20, 2008 à 8:53
Somehow i missed the point. Probably lost in translation
Anyway … nice blog to visit.
cheers, Ogre!!!
MDFMK a dit,
juillet 16, 2008 à 4:30
Ce qui me fait de la peine dans un texte concernant le point-virgule, c’est de voir que le point-virgule est mal placé : un point-virgule a toujours un espace avant et après le mot !
Cela devient lassant à force de voir cette faute…