11.07.09

Chronique des solutions controversées

Publié dans Actualité, Les Chroniques tagged , , , , , , , à 11:06 par chucky333

Des idées pour la Belgique ? Des décrets inscriptions. Des débats communautaires. Des plans de relance. Des projets Marshaux (Un Marshall, des Marshaux ?) 2.0.3.4 (dernière version mise à jour). Des colloques BHV. Des ministres-députés-salariés. Des budgets restreints (ou d’austérité au choix). Des idées pour la Belgique ?

Des vaccins contre la grippe A, pardi !

Contre la peur oppressante, contre ce fléau, contre la maladie mortelle, sauvez-nous ô mère, ô Patrie ! Car il est vrai, la grippe A tue. Moins que la grippe mais bon, chut, secret d’Etat. D’ailleurs, en allant faire un tour du côté des médecins on remarque que la grippe A est maintenant soumis au même traitement que la grippe normale (oserai-je dire). Mais les médias ont eu cher de notre peau. Voilà des mois, qu’il ne se passe pas un jour sans qu’on en parle à la télé, dans la presse, à la radio, sur internet. Le compteur à morts tourne, un peu au ralenti il faut avouer. Mais pour pallier à ce faible avancement, on s’amuse à faire dans le plus glauque : le premier mort qui était en très bonne santé, le premier vieux, le premier bébé, le premier sportif, la première mère de famille exemplaire. Il faut toujours un premier et pour la grippe A, ils nous en faut plusieurs. Ils deviendront pour nous les statues représentatives du risque. Ils deviendront pour eux la source de beaucoup d’argent.

Le temps d’une chanson (nous nous aimions)

Publié dans Musique tagged , , , , , , , à 12:17 par chucky333

Le temps passe, c’est un fait. Vite, c’est une réalité. Et le temps d’écrire a manqué mais le reste a continué. Pensez bien, je n’ai pas fait cinq mois sans écrire, je n’ai même pas hiberné contrairement à certaines idées qui ont circulé. Pensez bien aussi que si j’écris maintenant c’est que j’ai quelque chose à dire et que je ne vais pas continuer à vous parler de ce que j’aurais pu faire de tout ce temps. Enfin en quelques sortes si, puisque la rentrée musicale 2009 fut un brin chargée.

Vous vous souvenez l’année passée à peu près à la même époque je vous parlais de neige, de grandes promenades dans les prés (oui bon, j’avais été un peu loin, j’ai légèrement déconné, veuillez m’en excuser), tout ça pour vous faire découvrir l’incroyable album de Noah And The Whale (Peaceful, The World Lays Me Down), un premier opus calibré comme une mouette (ne me demandez pas comment est calibré une mouette… ça doit avoir un rapport avec le fait de voler au bord de la mer). Un album qui est passé en boucle dans mes petites oreilles et qui m’amène à, il y a quelques semaines à peine ou par surprise j’apprenais que le second volet était sorti. Mammamia mais qu’attendais-je donc? « The First Day Of Spring » se présente comme un paroxysme en cet automne un peu maussade. Et c’est là que la magie de Noah And The Whale se marque. On attendait les chœurs envoûtants du premier album, ces morceaux enjoués et magnifiés de la voix montante de Charlie Fink. Les premiers jours du printemps s’annoncent en fait calmes et apaisants, on attend (peut-être un peu désespérément) un départ, quelque chose qui doit arriver, qui doit se passer sans savoir ce que ça pourrait être. Mais en réalité on a déjà passé la moitié de l’album que tout sera resté dans cette ambiance de perce-neige, tranquille et montante. On en vient même à penser que les voix de Laura Marling et Emmy The Great (invitées sur le premier album) manquent à l’appel. Mais ce n’est en fait pas ça puisqu’après le premier instrumental, « Love Of An Orchestra » se déroule comme un intermède exutoire, médiane de deux saisons, la neige ayant fondu  et on découvre la subtilité mise dans ce deuxième bijoux, plus en douceur et bien plus instrumental. Un album réalisé au fond d’un canapé, certains diront avec plus de maturité (déjà ?), mais qui a l’effet des premiers jours d’été (où était-ce de printemps ? je suis perdu).

Un peu plus brièvement, Mumford & Sons, nouveau groupe folk londonien, les cousins de Noah & The Whale (on découvre qu’ils sont, en fait, amis), sortent leur premier album en cette même période : « Sigh No More ». On en revient donc à ces chœurs, ces instrumentaux assez féérique, banjo, mandoline et guitare en prime et surtout à la voix sublime de Mumford. Ce n’est pas un hasard s’ils ont aussi collaboré avec Laura Marling. Tout ça dans la plus grande tradition de la folk, légèrement bluegrass, divinement instrumentale, magnifiquement country. Groupe bien plus qu’à suivre puisqu’on les avait déjà découverts grâce à leurs deux EPs qui présumaient bien des choses. Devoir accompli.

Autre nouveauté dans le monde de la folk : Monsters Of Folk. Nouveau Groupe ? Eh bien oui, mais pas vraiment inconnu au bataillon lorsqu’on voit qui le compose : Conor Oberst (Bright Eyes), M. Ward, Jim James et Mike Mogis. C’est peu dire sur le talent réuni en ces 4 garçons (« dans le vent » serait trop facile). Et pourtant chacun des protagonistes semble être dilué dans un ensemble plutôt cohérent, on en oublie leur projet solo pour cette petite douceur nostalgique qu’est leur album titré du nom du groupe.

Voilà de quoi achever un automne bien maussade. Peut-être sous la couette ,c’est bien mieux. Mais n’oubliez pas d’aller prendre froid pour avoir l’excuse d’y rester. Je n’oserais vous dire à bientôt.

05.20.09

La politique de l’infréquentable (ça rime avec bac à sable).

Publié dans Actualité, politique tagged , , , , , , , , , , à 3:59 par chucky333

“Infréquentable”, le mot est surtout toutes les lèvres, sur toutes les “Unes”. Il faut parfois savoir mesurer la puissance de certains mots.

Remise en contexte : Didier Reynders, encore lui, déblatérait au sujet des nouvelles déviances politiques au sein du parti socialiste. Puis il lâcha comme il aurait pu lâcher son chien, un dogue allemand j’imagine, “le PS est infréquentable”. Il avait l’œil qui roulait, son costume qui se froissait, mais aucun soupçon sur ce qu’il avait déclenché.

Comme ça, ça n’a l’air de rien “infréquentable”. C’est comme la mère qui sort à sa fille “Tu ne sortiras pas pas avec ce garçon et son punk affreux qui fume à longueur de journées, il est infréquentable”. C’est la petite bourgeoise qui du haut de ses seize ans et de tout son orgueil s’esclaffe ne pas trainer avec des gens qui sont justement “infréquentables”, qui ne sont pas de son statut social. Mais politiquement, le mot prend toute sa force, “infréquentable” devient “indigne”, et rapidement prend des consonances racistes. Pour Pascal Delwit, politologue émérite de l’ULB, le mot “infréquentable” ne s’applique en effet qu’aux partis d’extrême droite. Alors le PS, est-il infréquentable ? Mr Reynders réitère ses propos.

Dans une campagne politique qui prend des allures de bacs à sable, on se bat, se lance des vacheries, ça vole pas haut, c’est affligeant (ce qui dégueule du petit écran chantait un imitateur). Sans se rendre compte que les spectateurs s’étaient déjà lassé, avaient zappé sur La Nouvelle Star (ah oui Dalé est parti, mince). Pendant que la guéguerre PS-MR battait son plein, Ecolo se frottait les mais. Apolitisme quand tu nous tiens. Les verts sont au top des sondages, on ne s’en étonne guère. Le désintérêt de la politique a pris toute son ampleur et a frappé avec violence l’esprit des pauvres citoyens. L’idéologie s’est transformée en dépolitisation et se répercute sur la défense de certains intérêts. L’écologie, donc. Je ne dis pas qu’il n’est pas important de défendre la planète, j’y vois juste là une piètre conclusion dénué de tout sens politique, de tout programme en quelques sorte.

Un peu comme les 3 autres partis traditionnels. Que font-ils, qui sont-ils ? Ils s’attachent au pouvoir comme des sangsues, font tourner les mandats. Un tour c’est toi, après c’est moi. On s’arrangera. 35ème députés, qu’est-ce qu’il va changer ? On se dispute un peu, on vote des choses sans intérêts en oubliant les vrais (ceux de la population). En fin de compte ce n’est pas qu’il est infréquentable le PS, et j’y ajouterai ses 3 acolytes du gouvernement, c’est qu’il n’a et ils n’ont plus d’idéologie. Ils se sont noyés dans une masse, un casse-tête en 4 parties (partis) qui se mélange dans un shaker dans jamais trouver de formes originales. Les années passent, les mandats, les élections avec eux. Et après ces élections justement, rien n’aura probablement changé. On oubliera cette mascarade, on ira se rasseoir sur sa chaise de député, on votera oui ou non, ça dépend de la question mais on aura oublié ce que c’est que de faire la politique. Rendez-vous aux prochaines élections, pour qu’on s’amuse un peu, à nouveau.

02.25.09

Ray LaMontagne (et Priscilla Ahn) envoûte(nt) le Cirque Royal (24.02.09)

Publié dans Musique tagged , , , , , , , , à 12:47 par chucky333

Et voilà ça y est. Après 3 mois d’attente. Après avoir cru ne jamais le voir (sold-out à l’AB), j’y arrivais enfin. Je mettais le pied dans le magnifique Cirque Royal, le 24 février à 20 heures pour vivre l’indescriptible expérience Ray LaMontagne. Avec en première partie la très peu connue Priscilla Ahn.

C’est donc une jeune fille qui débarque seule avec sa guitare et son harmonica pour introduire ce qui semble être impossible à introduire. Pour faire face à un public tout conquis au soul et au folk rude et ténébreux de Ray LaMontagne. Une jeune fille pétillante, sa voix s’élève peu à peu et créé le silence. Le respect. Ce petit bout de femme pousse sa voix d’une légèreté étonnante, gratouille et sifflote. Pimentant le tout d’anecdotes à l’origine des ses agréables et très minimalistes chansons. De temps en temps sa voix va encore plus loin, plus haut, laisse derrière elle une marque presque visible, que l’on pourrait presque palper. Et on voudrait déjà que le temps s’arrête, ou plutôt qu’il continue encore et encore. Priscilla Ahn nous emmène sur une rivière de très faible remous, où l’on pirogue doucement sous un ciel bleu azur qui crachote de temps en temps une fine pluie réconfortante. Bien sûr, le public adhère. Mais il n’oublie pas ce qui l’attend.

On a beau connaître, avoir écouté des dizaines de fois ses trois albums. On le sait. On le sait que Ray LaMontagne a des anges dans la voix, qu’il nourrit des créatures féériques et ténébreuses dans le fond de ses entrailles. On a beau le savoir, quand les musiciens entament un très révolté « Henry Nearly Kill Me (It’s a Shame) », on a déjà des papillons dans le ventre. Après quelques secondes d’intro, la lumière se fait sur le charismatique, l’ange déchu, le barbu habillé 100% casual, folk. La gueule de l’emploi. Il prononce les première paroles… et là ce n’est plus quelques frissons qui vous parcourent l’échine, ce sont des sensations encore inconnues qui vous prennent de vous ne savez où, d’un peu partout sûrement. Quelque chose se déchire au fond de votre cœur. Alors on avait beau le savoir, ça on ne pouvait pas le prédire. Ray LaMontagne enchaine et jongle entre ses albums, entonne le très attendu et apprécié « Empty ». Oubliant les cuivres de son dernier album pour les riffs d’une guitare électrique, une basse, et quelques accompagnements variables. Peut-être un peu trop… on le préfère au naturel. Seul point négatif. Puis il se retrouve seul, sa guitare et sa voix. Même si on ne peut pas dire que sa voix le laisse seul. Et c’est là que Ray LaMontagne explose dans toute sa splendeur, sa simplicité, son style. On le retrouve au naturel pour deux ou trois chansons dont « Jolene » qui laisse sans voix, la nôtre car la sienne tient les paroles jusqu’aux derniers souffles, nous tient en haleine. On n’a toujours pas compris comment une telle chose était possible. Il y a un paquebot qui s’élève dans son ventre et traverse sa gorge. Un paquebot, c’est gros mais celui-ci est beau, il ne respire pas le goudron, uniquement la mer, le voyage. Ray LaMontagne varie entre les folks adoucis et de temps en temps quelques morceaux plus électriques et complètement virevoltants tel le très adulé par le public « You’re The Best Thing », premier titre de son nouvel album ou encore « Hey Me, Hey Mamma ». Lorsqu’il s’en va, le public reste sans voix, ne sait que dire, alors se lève et applaudit, sans jamais relâcher pendant des minutes entières. Il n’attend qu’une chose, qu’il revienne. Il reviendra pour encore trois morceaux, dont le final en duo avec Priscilla Ahn. Deux mondes se rencontrent comme deux mers, de face. BOUM. On chavire. On a envie de dire la belle et la bête mais il est beau notre Ray. Les deux voix s’entendent à merveille, c’est une alchimie qui se fait et qui achève deux heures et demie de concert, première partie comprise. Le public est conquis, standing innovation. Ray LaMontagne qui s’est fait moins bavard que Priscilla Ahn, se perd dans sa timidité débordante, perd une dizaine de « thank you » dans sa barbe.

On court à la boutique, mettre du matériel sur ce qui a semblé être un moment hors du temps et de l’espace. Au dessus du monde, on a survolé des endroits inconnus, on a volé loin très loin dans des contrées imaginaires. Nagé aussi sûrement. On ressort conquis, une voix grave qui résonne dans la tête que l’on accompagne en entonnant quelques restes. On rentre chez soi on se repasse les morceaux et j’écris. J’écris ce qui semble être impossible à écrire. Décris ce qui n’est pas descriptible. Je fais de mon mieux.

Bonus :

Priscilla Ahn – The Boob Song (avec l’anecdote de la chanson)

Ray LaMontagne – Shelter

02.22.09

Pourquoi je bouderai la cérémonie des Oscars 2009…

Publié dans Cinéma, Les Chroniques tagged , , , , , , , , à 9:36 par chucky333

C’est ce soir. Ce soir qu’aux Etats-Unis on récompensera “les meilleurs” films, acteurs, réalisateurs et autres. Ce soir que seront décernées les petites statuettes dorées. Et je ne regarderai pas. Pire même, lorsque demain, dans la presse ou sur internet je lirai le nom des privilégiés je ne m’y attarderai sûrement pas. Mais pourquoi?

Déjà parce que l’archi-favori de la cérémonie est “Slumdog Millionaire”. Et très franchement, Slumdog Millionaire je ne vois pas ce qu’on lui trouve à ce film. D’accord Danny Boyle est un très bon réalisateur et on le ressent aussi dans ce film aux magnifiques plans et couleurs. La BO est très bien aussi. D’accord. Mais après? Le film stagne dans les clichés populaires, le film reste lui-même populaire, le scénario en kaléidoscope est pourtant bien exploité. Ce qui fait une des grandes faiblesses de Slumdog Millionaire c’est la piètre prestation de l’acteur principale, Dev Patel (qui n’est d’ailleurs pas nominé), doté d’un mono-faciès atrophié d’une bouche constamment ouverte assez pénible. Et cerise sur le gâteau, la fin est magnifiquement “kitschissime” est tellement prévisible. Une grande déception quand on connaissait l’entrain qu’avait suscité ce film aux Golden Globes.

Ensuite parce qu’on y trouve aussi une autre de mes déceptions plébiscitées. Revolutionnary Road qui reste un film très plat malgré la force du couple Di Caprio/Winslet. Du bon gros pathos resservi dans chaque parties du repas, entrée, plat consistant, dessert, si on en oublie les amuses bouches et quelques coupes faims. Revolutionnary Road reflète sans conteste très bien le petit quotidien brisé d’une jeune famille qui se noie dans l’amour, la haine et la violence. Ça se dispute, ça se crache des saloperies à la gueule, ça se réconcilie. Heureusement on y trouve le magnifique personnage secondaire joué par Michael Shannon, nominé dans cette catégorie.

Alors oui, on y trouve aussi des bons films aux Oscars, In Bruges, Wall-e bien entendu, The Dark Knight évidemment et Waltz With Bashir dans la catégorie “film étrangers” (en concurrence avec  “Entre Les Murs”). Beaucoup sont encore au programme pour ma part. Mais au final on ne trouve pas des petits bijoux tels que The Darjeeling Limited ou encore Be Kind Rewind, deux grands films de cette années pourtant. On n’y retrouve pas non plus dans les films étrangers Gommora ou Il Divo qui ont pourtant incroyablement prouvé la force du cinéma italien.

Beaucoup de déceptions en somme et en prévisions. Je consacrerai donc mon temps à regarder ce qu’il y a encore à regarder (The Curious case of Benjamin Button, The Wrestler, Frost/Nixon, …). Après tout, je ne suis pas un faiseur d’opinions et peut-être que j’ai une alergie incurable au tapis rouge. Peut-être aussi que la cérémonie s’habille de strass et de pailletes à l’image des stars, à l’image de cet endroit qui est devenu un évènement “must-to-be” pour être vu, photographié et qu’on commente votre robe dans la presse populaire. Populaire… c’est peut-être ce qui nous a perdu, c’est là où tout se rejoint, tout doit devenir populaire, programmation comprise.

02.21.09

Alela Diane, l’appel des loups

Publié dans Musique tagged , , , , à 11:02 par chucky333

Voilà trois soirs que c’est le même rituel, je m’enfonce doucement dans une forêt envoutée par des chamans apaches. Trois soirs que cette voix s’élève, comme un rite, mouvante et imprévisible comme la fumée d’un grand feu indien. Trois soirs que le nouvel album d’Alela Diane réveille mes élucubrations romanesques aux couleurs du Grand Ouest.

Ça avait d’abord commencé avec “The Pirate’s Gospel”, un album sorti il y a quelques années maintenant, qui avait déjà su associer une atmosphère toute particulière au nom de la jeune californienne Alela Diane. Un nom qui raisonne maintenant comme le soleil. “To Be Still” confirme actuellement ce talent à mettre en musique des esprits encore inconnus. On peut parler de néo-folk mais au fond, on y trouve beaucoup du passé. Dans la musique et la voix de la chanteuse on trouve des sentiers à travers des forêts denses, on y croise des papillons, des loups et des ours, un chef sioux et sa tribu. On peut se joindre à eux, tout n’est qu’illusion, on peut danser pour faire tomber la pluie, pendant que le soleil couchant lance des pétards oranges et jaunes qui font jolis reflets sur les plaines indiennes, le prélude à une nuit divinement étoilée. Au loin, un appel de loup… Ou serait-ce Alela Diane… tout se mêle.  Un monde ancestral et pourtant qui paraît si peu connu, une nouvelle terre vierge, nous sommes revenu au temps des Grandes Découvertes ou alors de La Ruée vers l’Or, parce que de l’or nous en avons trouvé. Dans les rivières ondulantes et mystérieuses de la musique d’Alela Diane.

The Pirate’s Gospel : http://www.musicme.com/Alela-Diane/albums/The-Pirate%27s-Gospel-3298490211618.html

To Be Still : http://www.musicme.com/Alela-Diane/albums/To-Be-Still-3661585045519.html

02.12.09

Waltz With Bashir, l’éblouissement d’un devoir de mémoire

Publié dans Cinéma à 1:25 par chucky333

Parce que les évènements d’aujourd’hui ont toujours lieu dans un rapport très étroit avec le passé, Ari Folman a voulu laisser une trace du sien. Dans un récit autobiographique, le réalisateur nous entraîne dans la guerre du Liban, ou plutôt pas tout de suite. Jouant subtilement sur la perte de mémoire d’évènements troublants, ce sera là le point d’ancrage du film d’animation Waltz With Bashir.

C’est avant tout un devoir de mémoire qui s’affirme au travers de dessins magnifiques. Troublants et magnifiques, contradictoires de l’horreur qu’ils peuvent dessiner. Car au travers de témoignages, le passé ressurgit et se fait féroce. Le passé a la gueule d’un chien qui a la rage, il bave, a les yeux jaunes, surtout il mord. Il se transforme dans la tête des protagonistes parfois en un bien étrange rêve qui créer un euphémisme de la réalité des faits, et on parle ici des massacres qui eurent lieu dans un camp de palestiniens.

La vraie force de Waltz With Bashir reste tout de même dans ces somptueux dessins qui veulent décrire une réalité qui nous dépasse. C’est là la puissance de l’animation, d’un certain symbolisme. Une pure esthétique qui en devient presque malsaine par ce qu’elle transmet comme message. Au final, ce sont des images, filmées cette fois et véritables archives de l’époque, qui nous éclatent au visage comme pour nous achever d’un devoir d’enquête, d’une vérité qui prend maintenant sa véritable forme.

Le thème central de Waltz With Bashir restera la mémoire, celle qu’on perd, que l’on retrouve, que l’on a voulu oubliée, que l’on écrit. Celle qui maintenant se transmet, éclate en morceaux, celle qui inscrit définitivement ce film d’animation comme un véritable devoir de mémoire et une petite pépite du 7ème art.

12.04.08

Musique d’hiver, couette douillette et feu de cheminée.

Publié dans Musique tagged , , , , , , , , , à 12:20 par chucky333

C’est un fait, l’hiver, il fait froid. On n’a pas toujours envie de sortir de chez soi, et parfois encore moins de sous sa douce et chaude couette. Ces doux matins où vous maudissez ce bon vieux radio réveil qui ne s’arrête jamais de compter le temps. Vous, vous rêvez d’un feu de cheminé, d’un doux crépitement de flammes que vous touchez presque de vos pieds nus (oui, parce que vous avez une grosse moquette dans votre chalet d’hiver). Vous vous imaginez courant dans les plaines vertes, nu comme un ver, chassant les oiseaux qui piaillent dans les arbustes, et vous reposant finalement au dos d’un séquoia rouge pour finir votre sieste à l’hombre d’un grand chapeau mexicain.

Quoi? Je divague? Je tergiverse? Non, non, c’est l’hiver qui fait ça. Le froid, gla-gla. Heureusement, la saison froide n’est pas en reste de découvertes musicales. Et bizarrement, les disques de fin d’années créent des ambiances particulières dans vos petites oreilles. C’est là, la douce loi du temps, celle qui ne vient jamais uniquement accompagnée de malheurs. Alors, jouant les Pères Noël, avant l’heure, je vous offre ces quelques minutes (voire plusieurs heures) d’évasion musicale dans un pays où les loutres conversent avec les marmottes à côté des cascades. Tout ça, dans votre lit.

Fleet Foxes à la première approche, c’est moche. C’est du Bruegel, c’est laid, ça vous rappelle des années d’enfance où vous visitiez les musées d’Anvers accompagné de la vieille prof d’histoire à la voix rauque et au poil sur le nez (avec de la moustache aussi, vous voyez laquelle?). Mais Fleet Foxes, c’est aussi comme la prof d’histoire, quand vous fermez les yeux, c’est cultivé, ça a de l’art dans le ventre et ça fait raisonner des vieux contes de fées et de chevaliers dans votre tête. Fleet Foxes, c’est une musique venue d’un peu nul part qui mélange un art mystérieux de vaudous indiens à des harmonies vocales célestes, c’est un album orchestral aux mélodies somptueuses qui vous donnent envie de vous plonger dans la nuit profonde étoilée et de vous réveiller dans un cocon d’esquimau quelque part en Laponie.

http://www.jiwa.fm/#album/170927

Et comme un bonheur ne vient jamais seul, Noah And The Whale vous offre un album, “Peaceful, The World Lays Me Down“, tout en douceur. Un peu plus du côté de la bonne humeur et d’une soudaine envie de se lever et de crier sa joie. Et oui, il faut de tout pour faire un monde. C’est un peu cette musique qui vous émoustille les babines d’une voix, un peu reculée du micro, pas trop forte, pas trop douce, qui vous donne juste envie de chanter, alors que vous ne connaissez même pas les paroles (première, deuxième et même troisième écoute oblige). L’arrangement musical accompagnant le tout de mélodies guillerettes à vous faire péter des champs de tournesol plein le visage. Des couleurs, des cris, des joies. Youpi, allons courir sous la pluie.

http://www.jiwa.fm/#album/193180

Au final, je me demande si toute cette bonne humeur ambiante n’est pas due au fait de savoir que le 24 février, je serai au Cirque Royal, recevant une claque folk de la voix rauque et délicieuse de Ray LaMontagne. Douce perspective.

Bon hiver, ne prenez pas froid, dormez encore un peu. Sous la couette on est mieux, avec de la bonne musique on peut presque toucher les comètes des aurores australes de Laponie. En fin de compte, je crois que j’aime bien l’hiver. Gla-gla.

11.15.08

Folk & Soul, baby!

Publié dans Musique tagged , , , , , à 11:46 par chucky333

J’ai tout compris. Je sais pourquoi ce monde ne tourne pas rond… Pourquoi tant de haine, de misère, de bassesse, … Ray LaMontagne! Non, non, Ray LaMontagne n’est pas la cause de tout ça! Mais c’est le remède. Si la planète était branchée sur la musique de Ray LaMontagne, alors j’en suis sûr, tout tournerait plus rond!

Pourquoi donc Ray Lamontagne ne parvient pas à gagner notre vieux continent? C’est un des mystères de la vie. Il suffit pourtant d’une seule et première écoute pour tomber sous le charme d’une voix rocailleuse et sensuelle à la fois. C’est ce qui touche à l’essentiel, du pur, du folk, 100% naturel, origine contrôlée. Derrière sa barbe de 2 mois, sortant peut-être d’une cabane du Canada, perdue en pleine forêt, quand cet homme aux allures de bûcheron se met à faire de la musique, c’est toute la sensibilité qui remonte à la surface.

Il signe aujourd’hui son troisième album, Gossip in The Grain, aux allures plus cuivrées, au charme inégalé. On voudrait que jamais il ne se termine. Ça a le goût d’un voyage emmitouflé dans sa couette, on atteint les sommets de l’aphrodisiaque (sans faire de mauvais jeu de mot sur son nom). On ne peut que lui souhaiter la continuité… et une statue avec le prix Nobel de la paix (si, si!).

www.raylamontagne.com

www.myspace.com/raylamontagne

11.05.08

Chronique d’un nouveau jour.

Publié dans Actualité, Les Chroniques tagged , , , , , , , à 1:03 par chucky333

C’est marrant, ce matin on me parlait d’une certaine attitude pessimiste typique à la Belgique, que l’on collerait même au terme “belgitude”. En gros, tout est gris chez nous, ce voile épais de brouillard sur Bruxelles est aussi sur la tête des belges. C’est  ce qui lui fait dire que chez lui il pleut tout le temps, qu’il n’aura pas un bon été cette année, que l’hiver arrive plus tôt que prévu, que son pouvoir d’achat est au plus bas, que sa banque risque de faire faillite et que ses actions ne valent plus rien.

Et c’est marrant, parce que tout ça faisait contraste aujourd’hui. Il suffisait d’allumer sa radio, sa télé, surfer sur les sites d’infos et partout les cris étaient de joie, les images étaient de liesse populaire. Tout ça faisait finalement référence à l’espoir. Changement aux USA rime avec espoir. Et on voyait même que dans de nombreux autres pays on se félicitait d’avoir un tel président. En fait, on pouvait croire que c’était l’univers qui avait eu son nouveau président.

Mais nous, en Belgique, on se voulait encore trop naïf d’y croire. On attend, on guette. Bien sûr, on a essayé de nous rassurer et beaucoup se sont lancé dans l’aventure et la course de l’espoir, de l’avenir. Bien sûr on s’est dit qu’on ne pouvait avoir que mieux que l’ancien (président). Et au final, on se dit tout de même: à quoi bon? Le président des Etats-Unis d’Amérique restera le président de son pays. Et pour nous, il ne pourra pas faire grand chose. On eut même droit à quelques articles qui nous disaient qu’Obama, en fin de compte, ça ne changera pas la politique internationale assez renfermée sur elle-même des USA.

On nous a dit tout ça, mais malgré tout on voudrait y croire nous. En quelque sorte, on voudrait sortir de notre “belgitude” qui nous fait croire qu’un gouvernement ne fait que se quereller et qu’il nous fait couler plus qu’il ne nous sauve. Il y a 40 ans, nous entendions résonner “I have a dream…” et ce matin ça nous est revenu dans la tête. C’est que quelque part l’espoir n’est pas mort. Mais qu’au fond rien ne vaut mieux que d’attendre… et de voir.

09.27.08

Chronique d’un anti-capitalisme primaire. Rolex’s time!

Publié dans Actualité, Les Chroniques tagged , , , , , , à 9:45 par chucky333

Allez dites-le, vous aussi vous avez peur de tout ce qu’on vous parle en ce moment. “Crise économique”. Il faudrait être complètement inconscient pour ne pas en avoir peur. Parce que si Sarkozy prend des accents de gauche dans son discours, c’est qu’il se passe quelque chose… Le petit Nicolas nous parle d’un mauvais capitalisme, de plafond financier, des patrons qui gagnent trop. Il en aurait presque levé le poing et chanté du Cali si le poids de sa Rolex ne l’en avait pas empêché. Mais ne nous emballons pas trop, c’est juste une façade. C’est Bush qui lui a appris à faire ça.

Du mauvais capitalisme donc. Parce qu’il y a du bon capitalisme? Il est quand même fort le petit Nicolas, il nous parle de touts ces gens qui gagnent des sommes astronomiques, en oubliant presque que ce sont pour la plupart ses amis.

De son côté, le nouveau patron de Fortis, il est là tout penaud, dans votre télé. Il vous dit que tout va bien, qu’il ne faut pas s’inquiéter. S’il dit ça c’est parce que c’est votre épargne qui le garde en vie. Alors s’il vous plaît, épargnez un peu plus. Même l’argent que vous n’avez pas.

Puis juste après, le journal est fini, argent, économie, bourse, catastrophe. BOUM. Une pub pour la super-cagnotte de l’Euromillions. 130.000.000€. Il paraît que les banquiers de chez Fortis ont tous dû acheter un ticket pour sauver l’entreprise.

Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas comme si notre société n’était basée que sur l’argent. Non, franchement, pas de quoi s’inquiéter répètent en coeur les gros financiers. Donc vous pouvez continuer de donner votre argent… du moins, ce qu’il en reste. Parce que notre crise économique à nous, elle n’est pas sécurisée par l’Etat…

09.10.08

Le monde n’est pas mort ce 10 septembre. Chronique d’une fin annoncée.

Publié dans Actualité, Les Chroniques tagged , , , , , , , , , à 9:26 par chucky333

Non, cher amis, l’Humanité n’a pas disparue, ce 10 septembre, dans cette machine qu’on préfère appeler LHC qu’accélérateur de particules. Moins simple, mais ça fait moins peur. Car, il est vrai, cet immense engin a l’air d’inquiéter le petit peuple de ce bas-monde.

Avec le LHC, les scientifiques seraient capables de recréer les conditions des quelques millièmes de secondes qui ont suivies le Big Bang. Mais selon, les théoriciens du chaos, les collisions des protons créeront des trous noirs (et c’est tout là l’expérience) capables en grossissant d’avaler la terre.

Et les gens y croient, autant qu’au retour d’Amstrong. Il faudrait aussi pourtant que des scientifiques, ou plutôt que ses médecins, se mettent à l’heure du jour. Pas sûr que les petites pilules miracles passent encore si facilement. L’annonce est donc lancée, Lance Amstrong cherche un chimiste.

Aujourd’hui il était donc question de retour dans le temps, des particules, du septuple vainqueur du Tour, des débats institutionnels. D’une page blanche dit-on, d’un big bang en quelques sortes. Il faut y croire aussi à celle-ci. Laisserait-on de côté BHV, les facilités, les guéguerres communautaires pour enfin se mettre à la table et parler?

On veut y croire, bien sûr. Mais, beaucoup on déjà comprit que comme pour la théorie du chaos, comme pour le come-back, on nous l’a annoncé trop de fois pour encore y croire. Qui a dit que la Belgique était condamnée au trou noir?

08.26.08

Chronique d’un bilan belge : Quand la politique s’en mêle.

Publié dans Actualité, Les Chroniques tagged , , , , , , , , , , , à 5:34 par chucky333

Voilà donc les Jeux Olympiques 2008 de Pékin qui s’achèvent. Ces fameux J.O. qui n’ont pas encore fini de faire couler l’encre (et qui n’ont pas réussi à faire cesser de couler le sang). Alors qu’on nous bassinait il y a des mois que la plus grande des fêtes sportives se devait d’être “apolitique”, voilà que le gouvernement belge doit s’en mêler. Et bien oui, il faut dresser le bilan. Non content de ne pas savoir dresser un agenda politique, de tenir un débat propre et serein, le gouvernement belge doit commenter les résultats sportifs.

Bert Anciaux, ministre des sports de la région flamande (faut-il le préciser?) se dit déçu, et on peut le comprendre, de nos piètres résultats. Pour son homologue wallon, l’inégalé Michel Daerden le bilan est satisfaisant. Mais on peut se demander s’il parle des résultats belges ou de son voyage à Pékin? Des médailles ou des bistrots?

Certes, ne crachons pas sur les performances belges qui sont tout de mêmes plus qu’honorables. Là où ça coince c’est quand les politicards viennent se mêler à la fête rajoutant un peu plus de piment à l’effervescence patriotique que l’on avait plus connu depuis quelques coupes du monde.

Alors forcément ce bilan mitigé donne des idées. Des bonnes parfois, telles que le refinancement du sport ou l’investissement dans des centres ou stades couverts (aucun de ce type n’existe en Wallonie). Mais des mauvaises surtout. La bêtise de ce mois nous vient de la Communauté française. Celle-ci veut nous remplacer les cours de religion, morale mais surtout philosophie par des cours de sports. Certes l’idée en réjouirait plus d’un, -et je parle là des nombreux étudiants qui butent sur cette matière parfois trop abstraite. Mais n’oubliant pas que la Belgique est déjà le seul pays européen où le cours de philosophie n’est pas obligatoire en secondaire. Matière que l’on retrouve pourtant dans presque toutes les études universitaires. Matière qui permet sans conteste d’apporter une réflexion aux étudiants, une ouverture d’esprit. Matière qui s’ouvre sur toutes les autres: mathématique, psychologie, art, politique, … Que dire alors des cours de religion et de morale qui restent les derniers cours “ouverts” du cursus universitaire. Ouverts au dialogue et au jugement. Après la foi, la morale serait-elle en voie d’extinction? Un début à la fin de l’humanisme.

Pour notre cher Communauté, ces matières sont de l’ordre du privé et doivent s’apprendre en dehors de l’école. Ahurissant quand on sait qu’il parle du sport pour les remplacer. Le sport, activité parascolaire par excellence que l’on devrait plutôt privilégier par une aide financière auprès des familles pour que leurs enfant puissent se défouler… en continuant de penser.

Et si demain c’étaient les sportifs qui jugeaient les politiciens? Pas sûr que le bilan serait meilleur que celui de notre cher Bert.

Illustration : Kroll (Le Soir du 26/08/08)

07.26.08

Alexandre Jardin – Chaque femme est un roman.

Publié dans Littérature tagged , , , , , , , , à 10:44 par chucky333

C’est un véritable hommage, une ode, qu’Alexandre Jardin a voulu offrir aux femmes avec ce dernier roman. Celles dont il est question ici, ont toutes quelque chose d’exceptionnel. Chaque chapitre est divisé en petits récits dédié à une seule femme, un portrait esquissé, et chaque fois, une once de folie.

Avec tout l’humour qu’on lui connait, Alexandre Jardin frise parfois la “philosophie de café”, celle dont ces protagonistes féminins l’inspire. Tantôt naturels, tantôt surnaturels, ces récits s’enchevêtrent avec cette impression que l’on ressent du parfois “trop”, du surjoué, mais sans le savoir vraiment, jusqu’à ce que l’auteur l’avoue lui-même subtilement.

“Ne leur ai-je pas prêté à toutes le caractère de personnages alors qu’elles ne sont, je le crains, que de fragiles personnes ?”

Rien d’exceptionnel en soi dans ce roman, parfois au bord du “nœud-nœud” mais jamais dedans, certaines petites nouvelles arrivent néanmoins à sortir du lot grâces à l’étrangeté parfois, à la sensibilité souvent, des ces femmes. On finit par se demander: où peut-on les rencontrer ces grand-mères fabuleuses, ces éditrices farfelues, ces jeunes filles aux idées saugrenues, ces mères hystériques de la pensée ouverte. Sa mère, donc qui chapeaute le roman comme l’inspiratrice, la muse, la libertaire, “l’anti-castration de pensée”
Pensée ouverte, c’est bien ça dont il est question durant tout ce livre, c’est ce qui nous tient dans ce roman sans nous retenir vraiment, ce qui nous y plonge sans captiver franchement.

« Qu’est-ce qu’une femme décisive, sinon une fenêtre qui s’ouvre dans un mur que l’on croyait aveugle ? »

06.19.08

Déception d’un Eldorado non atteint.

Publié dans Cinéma tagged , , , , , , , , à 11:48 par chucky333

Eldorado

Au regard de la critique unanime et des salves d’applaudissements à la fin de la projection d’Eldorado à Cannes, le film de Bouli Lanners avait tout l’air du chef-d’œuvre enfin atteint par le cinéma wallon. Alors on se dit qu’on tentera l’expérience par nous même, on espère toucher un bout de nirvana… ou plutôt d’eldorado.

On le cherche donc, on admire de sublimes plans de la Wallonie, d’étonnantes images d’une région à laquelle on rend des couleurs, pourtant toujours sombres. Ces plaines jaunes, ces ciels gris-bleus, ces routes bitumées à la peau qui craquelle, ces échoppes de stations essence aux faux airs abandonnés. Oui, franchement, il y a un air de far-west, de road-movie, c’est une région métamorphosée. On écoute aussi, avec tendresse la superbe B.O qui colle parfaitement à l’ambiance.

Et quoi? C’est tout? C’est donc ça le film? Et bien je dois vous avouer que oui! C’est ça. L’histoire en elle-même n’est qu’une vaste anecdote, pas de scénario. Le tout ressemble à un gros cliché, à une caricature: des personnages surjoués, un humour blasé, des plans immobiles,… Comme si on avait voulu faire un film d’auteur, que c’était le but recherché. Ces deux protagonistes à peine esquissé et pourtant déjà contourné n’évolueront plus, à l’image des dialogues qui tourneront en rond. Ce n’est pas que les acteurs soient mauvais, bien sûr que non.

On attend en vain un décollage, un truc auquel s’attacher, une bouée de sauvetage qui nous signale que ce film méritait tant de ferveur médiatique. Mais la fin vient déjà (enfin?) soulignant une fois de plus le caractère anecdotique d’un film non abouti, d’un eldorado non atteint.

Page suivante